Chaque mois de juin, les constructeurs automobiles s’affrontent sur le mythique circuit d’endurance du Mans. Une course où les pilotes sont poussés aux limites de leurs capacités physiques et mentales, et où les marques évaluent la fiabilité de leurs modèles et de leurs innovations technologiques. Toute la ville se mobilise alors pour faire vivre les 24 Heures du Mans.

Mais comment cette idée hors du commun d’une épreuve d’endurance est-elle née, et pourquoi occupe-t-elle une place si importante dans l’industrie automobile ?

Les débuts des 24 Heures du Mans

Nous sommes en 1922. Georges Durand, secrétaire de l’Automobile Club de l’Ouest, rencontre le journaliste spécialisé Charles Faroux lors du Salon de l’Automobile de Paris. Avec l’industriel Émile Coquille, ils imaginent une course de 24 heures, une idée inédite dans l’univers des Grands Prix. Faroux répond à une attente claire : ses lecteurs souhaitent voir s’affronter les plus grandes marques. Durand, lui, porte une vision : créer une course qui mette à l’épreuve la fiabilité et la sécurité des véhicules. Enfin, Coquille apporte un soutien financier en tant que représentant de Rudge-Whitworth, une entreprise de fabrication de bicyclettes et de roues motorisées.

La première édition des 24 Heures du Mans a lieu l’année suivante, le 26 mai 1923. Trente-trois voitures, majoritairement françaises, prennent le départ sur un circuit de 17,2 kilomètres tracé sur les routes ouvertes de la ville du Mans.

La course est interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reprend après la restauration du circuit et des stands, financée par l’État.

La sécurité, au cœur de l'évolution

L’une des particularités de la course résidait dans son départ. Les pilotes se tenaient alignés sur la piste tandis que leurs voitures étaient stationnées le long des stands. Au signal, ils devaient courir jusqu’à leur véhicule avant de démarrer. Cette tradition a rapidement soulevé de sérieux problèmes de sécurité : certains pilotes partaient sans être correctement attachés, d’autres sans avoir bien fermé leur portière, ce qui a entraîné des accidents parfois graves. Il faut attendre l’édition de 1970 pour que cette pratique soit abandonnée et que le départ ne soit donné qu’une fois les pilotes correctement installés et attachés.

Au-delà de la sécurité des pilotes, les 24 Heures du Mans constituent un véritable laboratoire pour l’industrie automobile. Les constructeurs y testent leurs innovations dans des conditions extrêmes, dont certaines se retrouvent aujourd’hui dans nos véhicules de série. Les freins à disque, par exemple, introduits lors de l’édition 1953, ont révolutionné l’efficacité et l’endurance du freinage.

L’essor de l’hybridation

Face aux enjeux climatiques, les constructeurs se tournent progressivement vers des sources d’énergie plus durables afin de réduire les émissions de carbone. Le Mans devient alors un terrain d’expérimentation idéal pour ces nouvelles technologies.

Le premier moteur hybride mentionné dans l’histoire des 24 Heures du Mans apparaît en 1998. Le principe : combiner un moteur thermique, fonctionnant par combustion de carburant, avec un moteur électrique. Toutefois, le modèle utilisant cette technologie ne parvient pas à se qualifier pour la course.

Ce n’est qu’au début des années 2010 que l’intérêt pour les véhicules électriques et hybrides s’intensifie. En 2012, Audi engage un modèle hybride diesel-électrique capable de stocker l’énergie produite par le moteur électrique dans des batteries. Cette année-là, la marque remporte la course, devenant le premier constructeur à s’imposer avec une voiture hybride. Les années suivantes confirment cette tendance, notamment avec les succès de Toyota, illustrant l’évolution vers des véhicules plus durables sur le circuit du Mans.

Pour tous les passionnés d’automobile, les 24 Heures du Mans restent un rendez-vous incontournable, où l’on peut observer les innovations de demain en conditions réelles. Cette année, la course débutera le samedi 13 juin à 16 h 00 et s’achèvera le dimanche 14 juin 2026.

Article en anglais par Raniya Jin

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